
Le nombre important d’événements indésirables dans les hôpitaux, ainsi que leurs coûts, ont été bien documentés. Le stress en milieu de travail, la hausse des primes d’assurances et un modèle de pratique qui fournit un soutien inadéquat aux professionnels incitent plusieurs d’entre eux à quitter la pratique obstétricale. Cette tendance a pour effet de limiter l’accès aux services en soins de maternité.
Aux États-Unis, entre 44 000 et 98 000 patients meurent chaque année en milieu hospitalier en raison d’erreurs de la part des fournisseurs de soins de santé1. L’erreur clinique constitue la quatrième cause de décès en importance aux États-Unis; elle est en effet à l’origine de plus de décès que les accidents de la circulation, le cancer du sein et l’infection au VIH. On estime que les coûts nationaux totaux attribuables aux événements indésirables évitables se situent entre 17 et 20 milliards de dollars par année1. En 2004, un rapport de Healthgrades Inc. a suggérée que les décès dus à l’erreur médicale ont été sous rapportés à l’Institute of Medicine (IOM). Les auteurs estiment qu’approximativement 195,000 décès par année sont dus à des erreurs évitables de la part des hopitaux2.
En Angleterre, le National Health Service (2000) indique que des événements indésirables portant tort aux patientes sont survenus au cours de 10 % des hospitalisations. Les coûts devant être assumés par le National Health Service ont été estimés à deux milliards de livres par année, ce qui ne tient pas compte des coûts humains ni des répercussions économiques globales3. En 2004, le NHS a rapporté que les erreurs médicales étaient responsables de 40 000 décès évitables par année.4
Au Canada, le rapport Baker Norton a estimé qu’en 2000, 7,5 % des patients admis dans des hôpitaux de soins actifs ont connu un événement indésirable (EI) ou plus. Les auteurs de ce rapport ont conclu que 36,9 % de ces événements indésirables étaient grandement évitables et 70 %, potentiellement évitables. À partir des données recueillies, ils ont estimé qu’entre 9 000 et 24 000 décès attribuables à des EI auraient pu être évités3. Dans une revue par l’Institut canadien d’information sur la santé, 3,5% à 5% des patients admis dans des hôpitaux de l’Ontario entre 1992 et 1997 ont vécus des événements indésirables.6,7 Aussi impressionnantes que ces statistiques puissent paraître les évidences provenant de la littérature actuelle suggèrent que 95% des erreurs cliniques ne sont pas signalées.8 Un rapport récent indique que 18% des médecins et 24% du public sont au courants d’erreurs survenues dans les hôpitaux ayant eu des conséquences graves (mort, handicap à long terme et douleur sévère).9
1. Kohn et al. To err is Human, Building a Safer Health System. Institute of Medicine, 2000, National Academy Press, Washington, DC 20418
2. Health Grades Inc, « HealthGrades in the news », Golden (CO), (octobre 2006). Disponible sur lURL: http://www.healthgrades.com/media/DMS/pdf/HealthGradesInTheNews.pdf (accessed 2006 Oct).
3. A Report of an Expert Group on Learning From Adverse Events in the NHS, Department of Health on Behalf of the Controller of Her Majesty’s Stationary Office. J 00000000 05/00 C40 (077240) 2000.
4. Carvel J. Healthcare Errors Kill 40,000 a year says Charity, 2004. Disponible sur l’URL: http://www.guardian.co. 29 septembre, 2004
5. Baker PRG. Ross, Norton Peter J. et coll. « The Canadian adverse events study : the incidence of adverse events among hospital patients in Canada », JAMC, vol.170, nº11, le 25 mai 2004
6. Hunter, D., Bains, N. « Rates of adverse events among hospital admissions and day surgeries in Ontario from 1992 to 1997 » Canadian Medical Association Journal. 1999, 160(11): 1585-6.
7. Wanzel, K.R., Jamieson, C.G., et al. « Complications on a general surgery service: incidence and reporting. [comment] » Canadian Journal of Surgery. 43 (2): 113-7, 2000.
8. Hallam, K., Hearings look at fixes for medical errors. Modern Healthcare, vol. 30 nº5, p. 8-9.
9. Blendon et al. « Views of the practicing physicians and the public on medical errors », The New England Journal of Medicine, vol.347, nº24 (12 decembre 2002), p. 1933-1940.